L’électorat conservateur ne comprend plus le désordre UDC

Image DR/ChatGPT

Imprimer / export PDF
Partager :

Le départ à la retraite de Guy Parmelin n’avait rien d’une surprise. Pourtant, entre la violence des attaques contre sa successeuse naturelle et des candidatures plus baroques les unes que les autres, le parti semble totalement désorienté. À part chez les Romands…

Est-ce parce que nous sommes les Grecs de la Suisse ? Toujours est-il que nous autres, Romands, ne comprenons guère. Alors que le départ de Guy Parmelin était pressenti depuis un bon bout de temps, son parti – le parti de l’ordre – avance telle une armée mexicaine depuis le début du mois. Il y a d’abord eu la violence des attaques contre sa successeuse naturelle, Céline Amaudruz, « absolument inappropriée pour ce poste » selon Roger Köppel, rédacteur en chef de la Weltwoche. Trop superficielle, trop maman, trop ceci et trop cela, la Genevoise a immédiatement fait face à une levée de boucliers de gens qui, de leur côté, paraissaient bien moins préparés que les Romands à la course qui s’ouvrait. Curieuse manière de rattraper son retard que de cracher sur ceux qui sont partis à l’heure.

Un mot important de la rédaction !
Cette tribune est en accès libre mais vous pouvez soutenir Le Peuple en vous abonnant.
Vous pouvez aussi nous soutenir en achetant nos manuels, en ligne ici.
Vous pouvez en particulier y découvrir notre tout nouveau guide, sorti ce week-end :
Gagner un débat — Petit manuel en treize leçons à l’usage de ceux qui ont quelque chose à défendre.

À la violence initiale s’est ajoutée une ambiance d’improvisation qui interroge sur la stabilité interne du parti. Chez les Romands, il est vrai, des ambitions ont aussi commencé à poindre, mais elles n’ont pas donné la désagréable impression d’une formation minée par les querelles internes. Le Vaudois Yvan Pahud et le Fribourgeois Nicolas Kolly, dont les noms avaient circulé, ont su laisser la place sans provoquer de déchirement. Avec le Bernois Pierre Alain Schnegg et Céline Amaudruz, les francophones peuvent aujourd’hui présenter un duo de candidats crédibles et légitimes.

Nous méritons mieux que ce foutoir

Peut-on en dire autant ailleurs ? Vendredi à midi, à la clôture du délai, huit candidatures avaient été enregistrées, dont plusieurs sorties du chapeau bien tardivement. Le seul fait que Thomas Aeschi, président du groupe à Berne et membre de la commission de sélection, ait laissé sa section zougoise présenter sa candidature, après avoir lui-même contribué à fixer les règles du jeu, amène à en douter. Que n’aurait-on dit si une telle combine avait eu lieu en Valais ? Il y a d’ailleurs des choses à dire, dans ce canton, avec la candidature de deux représentants du Haut-Valais, Michael Graber et Franz Ruppen, annoncée conjointement. Ajoutons à cela tous les noms de personnalités alémaniques très vite lancés dans la presse, jusqu’au moment où elles ont pris froid aux pieds, et l’on obtient une véritable ambiance de carnaval.

Cette tribune n’a pas pour objet de départager les différents candidats, ni d’annoncer une préférence portée par la ligne d’untel ou d’untel. Elle exprime simplement un désir d’ordre, bien naturel chez l’électeur conservateur. Si Céline Amaudruz est aussi nulle qu’on l’a dit, pourquoi l’avoir laissée vice-présidente du parti depuis une décennie ? Comment se fait-ce qu’elle siège à Berne depuis quinze ans ? Pourquoi est-ce elle qui, la première, a tiré alors que les autres se tâtaient ? À l’évidence, quelque chose ne tourne pas bien rond de l’autre côté de la Sarine alors que, cette fois, les Romands avancent de façon organisée, collégiale et crédible. Et on se dit qu’au lieu de cultiver la division, certains feraient bien de s’intéresser un peu plus aux Grecs de la Suisse.

La Suisse est à un tournant, avec l’épée de Damoclès des accords européens au-dessus de nos têtes. Et c’est chez nous, Romands, où telle ou telle vedette alémanique ne suffit pas à remplir les salles de congrès, que l’UDC doit donner des gages de crédibilité. Aura-t-on envie de suivre un parti qui laisse une femme se faire incendier publiquement pour avoir osé se montrer ambitieuse ? Aura-t-on envie de croire sur parole des gens qui se vautrent dans l’impréparation et les candidatures incongrues ? Nous autres, conservateurs, avons droit à autre chose qu’à ce foutoir.

Ressentez-vous du désordre chez les UDC alémaniques ?

Pour visualiser les résultats, vous devez être connecté ou vous devez renseigner votre adresse email.

Voir aussi