Le patriotisme n’est pas un concours de pureté raciale

Montage Canva/Capture d'écran Le Temps

Le Temps publie une longue enquête sur les liens entre l’influenceur identitaire Colin Walks et diverses figures de l’UDC romande. Un cadeau inespéré pour les adversaires de la souveraineté.
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Le refrain est désormais connu : « Il faut dégauchiser la Suisse », « La minorité, c’est nous » et le Grand Remplacement menace. Sous un vernis vaguement humoristique, voilà le cœur du message que Colin Walks partage quotidiennement sur les réseaux sociaux.

Au Peuple, nous sommes favorables à une liberté d’expression très large et nous croyons que les idées doivent être combattues dans le débat public, pas devant les tribunaux. L’enquête du Temps, très documentée, mérite néanmoins quelques remarques. Non que tout y soit exact : à notre connaissance, aucun mandat n’a été donné par le mouvement Pro Suisse à Oskar Freysinger, malgré ses déclarations chez Blick. De même, les liens entre le Comité Trump Suisse et l’agitateur montheysan ne sont pas aussi forts qu’on nous le dit : plusieurs contenus jugés antisémites auraient conduit à une rupture avec un mouvement occidentaliste et pro-israélien.

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Mais bref, diverses figures de la droite souverainiste suisse apprécient les vidéos et les actions choc du Français. Soit. Elles en ont parfaitement le droit. Et la chasse aux « likes » de tel ou tel sur Facebook, comme les procès en contamination idéologique, n’ont jamais été notre tasse de thé. « D’autres membres de l’UDC suivent les publications de Colin Walks… », nous dit-on. La belle affaire.

Un suicide politique avant le combat des bilatérales

Reste que, dans un pays largement modernisé grâce à l’immigration, stabilisé par son système d’apprentissage dual – et par le service militaire ! – qui permettent à des personnes d’origines très diverses de participer pleinement au projet suisse, cet attrait pour le combat identitaire a tout d’un suicide.

En faisant de la « race » ou de l’origine leur obsession, les identitaires (dont beaucoup sont eux-mêmes issus de l’immigration !) rendent en effet un immense service à ceux qui veulent dissoudre la souveraineté suisse. Dès lors que le débat est systématiquement ramené à la race ou à la « civilisation blanche », toute critique de l’intégration européenne ou de la maîtrise des frontières devient plus facile à caricaturer.

Un conservateur devrait d’abord chercher à conserver ce qui existe déjà. En Suisse, ce qui mérite d’être défendu, ce sont des institutions exceptionnelles : le fédéralisme, la démocratie directe, la neutralité, la subsidiarité et l’indépendance. Pas une matière très sexy pour Instagram, peut-même, mais le cœur de notre art politique.

Si nous perdons tout cela, la composition ethnique du pays ne nous rendra pas plus libres. Pire : nous finirons par regarder comme des étrangers des compatriotes qui aiment pourtant la Suisse autant que nous. Le patriotisme suisse n’a jamais été une affaire de pureté ethnique. Il est une affaire de fidélité : fidélité à un pays, à ses institutions et à la liberté qu’elles nous garantissent.

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