Une garderie vaudoise renvoie la Fête des Mères aux oubliettes

La journée célébrant les mamans est critiquée pour son manque d’inclusivité. Remise en question, elle est bradée au profit d’une fête de la famille dans une crèche vaudoise. (Archive issue de notre édition juin 2023)
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« Ça me choque. Il n’y a pas un jour qui passe sans qu’on nous lave le cerveau sur les genres. Même la crèche, qui pour moi devrait embrasser le traditionnel, s’y met ». Voici le cri du cœur d’un père en découvrant la décision de la garderie de son enfant, à la mi-mai. Dans un visuel envoyé auxcparents, cette dernière indique qu’elle ne célèbrera plus la fête des Mères ni des Pères car « la famillecd’aujourd’hui n’est plus seulement un papa, une maman et les enfants ». Désormais, la garderie située dans le canton de Vaud célèbrera la famille, car « il existe autant de familles différentes que d’enfants ».

Suprise ! Tandis que nous rediffusions cet article de 2023, voilà que la garderie remet ça pour 2024 !

Le débat n’est pas absolument nouveau. Lié à l’exigence croissante d’inclusivité dans la société, il se propage également à la faveur de l’évolution de la perception des genres. Quitte à parfois faire bondir les critiques, comme cela a récemment été le cas au Québec. Éric Duhaime, chef du parti conservateur, a fait les gros titres en montant au créneau contre une école qui a modifié la traditionnelle célébration en fête des parents. Le sujet s’est aussi invité à l’Assemblée nationale de la province du Canada.

L’évolution des mœurs en direction d’une invisibilisation croissante des mères s’observe aussi largement aux États-Unis où certaines personnes jugent désormais la fête des Mères comme offensante.

Un débat mondial

Mais le débat fait rage également de notre côté de l’Atlantique. En France, depuis 2013, plusieurs établissements scolaires ont cessé de célébrer la fête des Mères. L’année dernière, Marine Le Pen s’en était d’ailleurs insurgée. La célébration est désormais appelée la « fête des gens qu’on aime ». Le ministère de l’Éducation nationale justifie ce choix par « la liberté pédagogique ». Qu’en est-il des écoles en Suisse romande ? Avons-nous découvert un cas isolé ? Nous avons posé ces questions à Gregory Durand, président de la Société pédagogique vaudoise. Il explique qu’« en général dans les classes du canton, quelque chose se fait, sous forme de petit cadeau ou petit poème ». Concernant le choix d’une fête de la famille au détriment de la fête des Mères, Gregory Durand réplique que « l’une n’empêche pas l’autre ». Et de préciser que « s’il existe effectivement des familles différentes, il serait tout de même dommage d’arrêter de célébrer les mères ». Le vrai défi, selon lui, réside dans « l’inclusion de tous ».

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