Dans l’Illustré, sur la RTS, sur les réseaux sociaux bien sûr et surtout dans les salles de spectacles romandes, ces derniers mois, on ne voit qu’ELLE, ou plutôt lui. Francesco Mercanton alias Frani ELLE. L’humoriste préfère désormais qu’on l’appelle « du nom de mon mari Yann ». Il le précise de sa voix aux accents féminins. Le duo que forme les deux Lausannois est efficace. Francesco, qui fut jadis coiffeur, maquilleur puis banquier chez PostFinance s’est inventé par plaisir et ennui un personnage de drag queen qu’il a nommé Frani ELLE. Yann Mercanton, metteur en scène de renom, l’a poussé à le partager en spectacle. Et contre toute attente, cette « diva » valaisanne s’est imposée en une petite poignée d’années, dans l’esprit de nombre de Romands, comme une sorte de nouvelle Marie-Thérèse Porchet. Loin de se sentir menacé, Joseph Gorgoni l’a d’ailleurs adoubé avec classe et bienveillance. ELLE admire le travail de son aîné, avec qui Francesco partage une homosexualité assumée et des origines italiennes. Mais Frani se voit davantage comme la « drag queen des hétéros ». À l’instar de celui de Marie-Thérèse Porchet, son personnage fantasque et bon enfant ne reste effectivement pas enfermé dans les étroites limites du ghetto « LGBTQI+ ». Tout au contraire, il a été pensé pour amuser largement, par le regard tendre et mordant à la fois qu’il jette sur la vie en général et sur la vie en Suisse en particulier. Interview.
Vous avez accepté avec enthousiasme notre demande d’interview. Le fait que certains de ceux qui ne le lisent jamais estiment que Le Peuple est « droitardé », ne vous a donc pas rebuté ?
Moi-même, on me colle tellement d’étiquettes…, notamment celle d’être d’ultra gauche, ce qui n’est pas forcément le cas… Je ne suis pas là pour imposer des choix ou des façons de vivre. Je veux juste qu’on respecte le choix des autres. Je n’ai pas envie d’effacer ce qui existait. Je n’ai pas envie d’effacer le mec macho. Je n’ai pas envie d’effacer le mec hétéro. Je n’ai pas envie d’effacer papa et maman. Je ne suis pas dans ces extrêmes woke là. Je suis juste dans l’idée qu’on peut tous s’entendre, malgré nos différences. « Je danse », mon récent vidéoclip me mettant en scène avec Barth Constantin du FC Sion, qui vient du football, milieu où il y a encore trop souvent du racisme et de l’homophobie, montre que des univers différents peuvent aussi se rencontrer. On ne peut pas véritablement grandir et se déployer si l’on reste toujours coincé dans son entre-soi. Dans mon entourage, il y a des gens de tous horizons, qui ne sont parfois pas du tout d’accord avec moi et c’est riche. On se respecte et on s’aime malgré nos différences.
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Francesco Mercanton nous y livre son regard sur l’UDC, la GPA, Nemo, la foi…
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Le 30 avril prochain, au Temple du bas à Neuchâtel, le comédien donnera la dernière représentation de son spectacle « Bienvenue en Suisse, bienvenue chez nous ! ».

