Philippe Nantermod: “Je ne compare pas les institutions de la Suisse et celles de la RDA”

6 août 2026 — par Raphaël Pomey

Montage FB

Le conseiller national PLR a accepté de répondre aux questions du Peuple à propos de son visuel assimilant l’initiative sur la neutralité à une démarche « pro-Poutine ». Ses réponses apportent plusieurs nuances par rapport au message initial. Alors que sa publication évoquait l’image de Brejnev embrassant Honecker, symbole de la vassalisation de la RDA par l’URSS, il précise désormais qu’il ne compare ni la Suisse à l’Allemagne de l’Est, ni l’initiative à une mise sous tutelle de notre pays.

Un commentaire de notre part se trouve après les réponses de l’élu valaisan.

Publié sur Facebook, ce visuel généré à l’IA a suscité de vives réactions.

Est-il vraiment raisonnable de comparer la Suisse, où nous allons voter librement, et un pays – la RDA – qui était totalement sous domination soviétique et dépourvu de démocratie ?

Je ne compare évidemment pas les institutions de la Suisse et celles de la RDA. La Suisse est une démocratie, la RDA était une dictature. Ce que je compare, c’est un phénomène d’asservissement des esprits. La Russie mène aujourd’hui une véritable guerre informationnelle contre les démocraties européennes. Lorsqu’on voit des citoyens reprendre le récit du Kremlin en présentant la Russie comme la victime de son agression contre l’Ukraine, il est légitime de s’en inquiéter. L’initiative sur la neutralité s’inscrit précisément dans ce contexte. Son principal effet serait d’empêcher la Suisse de reprendre des sanctions économiques comme celles adoptées contre la Russie après l’invasion de l’Ukraine, ce qui correspond exactement aux intérêts poursuivis par Vladimir Poutine.

Quel point précis de cette initiative ferait de la Suisse un État satellite de la Russie ?

Je n’ai jamais prétendu que cette initiative ferait instantanément de la Suisse un État satellite de la Russie. En revanche, elle constitue à mes yeux un instrument qui sert très directement les intérêts géopolitiques russes. Elle limiterait notre capacité à réagir, avec les autres démocraties, lorsqu’un État viole gravement le droit international (ndlr. voir notre commentaire). C’est précisément ce que recherche aujourd’hui le Kremlin.

Un projet similaire avait été lancé en 2012, sans succès, mais par des acteurs semblables (l’ASIN, à l’époque). N’est-ce pas la preuve que l’initiative défend un principe, et non pas une puissance étrangère quelle qu’elle soit ?

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