Le 4 octobre prochain, le Centre pour l’action non-violente (CENAC) organisera à Lausanne une soirée consacrée aux « masculinismes » et aux violences faites aux femmes, notamment sous l’influence des réseaux sociaux. Au programme : la projection du documentaire québécois « Je vous salue salope », suivie d’une table ronde réunissant notamment la présidente des Vert-e-s suisses Lisa Mazzone et l’ancienne présidente du Parti socialiste vaudois Jessica Jaccoud.

Précisons-le d’emblée : « Je vous salue salope » est le titre du film projeté, et non celui choisi par les organisateurs pour leur manifestation. Le documentaire entend dénoncer le harcèlement et les violences dont sont victimes certaines femmes dans l’espace numérique.
Si la mode d’une masculinité violente et caricaturale peut légitiment inquiéter, le titre du film et les dépliants annonçant l’événement restent volontairement provocateurs. L’effet « choc » repose en effet sur le détournement des premiers mots de l’Ave Maria, l’une des prières les plus connues du christianisme. Plusieurs lecteurs nous ont contactés ces derniers jours pour nous faire part de leur malaise face à ce qu’ils perçoivent comme une banalisation de l’insulte envers une figure religieuse majeure – une femme et une mère de surcroît.
Sans remettre en cause la réalité des violences dénoncées par le film, la question mérite d’être posée : la lutte contre le masculinisme et la misogynie justifie-t-elle ce type de provocation ? Ou estimez-vous au contraire que le procédé franchit une limite inutilement blessante pour les croyants ?
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