Chers amis, chers abonnés,
Une défaite politique peut conduire à deux attitudes : se lamenter ou comprendre. Après le lourd rejet de l’initiative sur la neutralité, nous avons choisi la seconde.
Car le prochain combat est déjà là. Avec les accords Suisse-UE se pose une question très simple : qui doit avoir le dernier mot sur les règles qui régissent la Suisse ? Et la décision du Conseil des États de soumettre les accords à la double majorité du peuple et des cantons constitue, à ce titre, une première victoire. Une victoire d’étape, certes, mais aussi une invitation à réfléchir à la manière de mener la bataille qui vient.
Mais cette édition parle aussi d’une question plus large, qui traverse régulièrement nos pages : jusqu’où faut-il laisser l’État décider à notre place de ce qui est bon, moral ou acceptable ?
Dans cette édition, vous trouverez :
- Ce que la défaite sur la neutralité doit nous apprendre avant la bataille autrement plus décisive sur les accords Suisse-UE.
- Pourquoi la double majorité choisie par le Conseil des États à propos des accords européens constitue une victoire importante – et pourquoi le combat pour la souveraineté ne doit surtout pas rester une affaire exclusivement UDC.
- Faut-il interdire le voile islamique pour défendre notre identité ? Une féministe, un musulman, un catholique conservateur et un évangélique nous répondent. Et leurs positions se croisent beaucoup plus qu’on ne pourrait l’imaginer.
- Carlo Sommaruga veut punir de prison les responsables politiques coupables de mensonges délibérés. Jusqu’où irons-nous dans la réglementation des imperfections de la nature humaine ?
- Mangez moins de viande, citoyens ! À travers un sujet assez affolant de la RTS, plongée dans cette manie contemporaine de vouloir nous « accompagner » jusque dans nos assiettes.
- Quand l’embryon redevient soudain un bébé : à propos d’alcool et de grossesse, le vocabulaire employé par Addiction Suisse dit quelque chose d’assez fascinant des contradictions de notre époque.
- Et encore : le mystérieux retour du masculin générique lorsqu’il s’agit de désigner les méchants, notre Observatoire du progrès, un détour par la Rome antique et ses assurances avant les assurances, de la poésie avec Stéphane Berney, et nos chroniques habituelles.
Une édition consacrée, au fond, à une question qui devient chaque mois un peu plus urgente : sommes-nous encore capables de gouverner nos vies, nos comportements et notre pays sans demander sans cesse à une autorité supérieure de décider à notre place ?
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