Du wokisme de droite appliqué au domaine du sushi

17 janvier 2026 — par Raphaël Pomey

Montage (et craquage) Canva de l'auteur.

À l’été 2022, un groupe de reggae formé de Blancs faisait la une des médias suisses, et même internationaux. Non à cause de ses idées – tolérantes, inclusives et multiculturelles comme il se doit – mais en raison de la couleur de peau des musiciens et des dreadlocks de l’un de leurs membres. En représentation dans un haut lieu de la culture alternative bernoise, la Brasserie Lorraine, la formation avait été interrompue à l’entracte par des personnes se disant troublées par une supposée appropriation culturelle. Le groupe, devenu le symbole d’une des pires dérives du « wokisme », n’existe aujourd’hui plus, apprenait-on en octobre dernier chez Blick. Trop de pression, trop de débats : les musiciens n’en voulaient plus. Leur leader, Dominik Plumettaz, entend désormais prendre un « nouveau départ ». La musique était devenue secondaire ; ce qui comptait, c’était la coiffure.

La controverse était évidemment ridicule et, à raison, nombreux furent les intellectuels de droite à s’inquiéter d’une volonté de figer les cultures, de censurer au moindre questionnement et d’intimider au nom du Bien. Pour rappel, les Jeunes UDC avaient même porté plainte pour infraction à la norme pénale antiraciste contre l’établissement. La scène était objectivement parfaite : la gauche interdisait un concert au nom de l’antiracisme, la droite portait plainte au nom du même principe. Le logiciel changeait, le bug persistait. Notre monde se transformait en une magnifique erreur 404.

L’obsession raciale a-t-elle disparu aujourd’hui ? On peut formuler l’hypothèse qu’elle a simplement changé de camp.

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